Pourquoi les (la plupart des) femmes cherchent-elles à maigrir ?

On profite du temps de l’été, s’étirant comme une guimauve sous le soleil estival, pour faire un peu de philosophie, en nous intéressant aux raisons qui nous poussent à vouloir contrôler notre poids, et en particulier chercher à maigrir tout au long de sa vie…

Ça a été vrai en tous temps : dans une société donnée, l’élite (bourgeoisie, aristocratie, artistes) a toujours cherché à se démarquer de la masse. On se souvient que le bronzage a longtemps été le symbole du peuple quand la noblesse française cherchait au contraire à obtenir une peau blanche, diaphane, dont les veines transparaissaient sous un film discret. Si en occident la tendance s’est inversée, mettant le hâle de la peau à l’honneur, c’est toujours le cas en Chine.

La maigreur, idéal opposé à la tendance

Quand on parle du poids idéal (ou idéalisé) à travers les âges, celui-ci a également beaucoup évolué en fonction du contexte social et économique, souvent en forme de réaction inverse à la tendance : les rondeurs seront mis en avant lors des périodes dures, quand la maigreur triomphe lors des périodes fastes.

Les formes à l’excès de la femme idéale des cavernes

Les vénus préhistoriques avaient des traits féminins exagérées, faisant passer Kim Kardashian pour une amateur !

Les vénus préhistoriques avaient des traits féminins exagérées, faisant passer Kim Kardashian pour une amateur !

Ainsi, tout au long de la préhistoire, les représentations féminines (les vénus) étaient particulièrement corpulentes et aux formes exagérées, alors que le mode d’alimentation fait de chasse et de cueillette ne favorisait pas la prise de poids. A une époque où les codes de la société pesaient peu, ce sont les critères primitifs qui primaient : un bassin large et assez de « réserves » pour enfanter, voilà qui suffisait !

L’évolution vers une norme équilibrée

Plus tard, avec le développement de l’agriculture, ces représentations se sont affinées, pour se rapprocher des corps relativement minces (mais pas trop) des canons antiques et sont restés stables jusqu’à la renaissance. Pendant de longs siècles, la recherche du corps idéal se faisait à l’aide de recherches mathématiques, de règles universelles, introduisant progressivement une forme de « norme » dans la société.

Danaé de Tintoret

Danaé peint par Le Tintoret vers 1570, montre une représentation féminine réaliste, sans excès de rondeur ni de maigreur, un équilibre qui a perduré de l’antiquité au XIXe siècle

Bien entendu, les femmes faisaient attention à leur allure, et il leur arrivait souvent de chercher à maigrir pour plaire, mais ce n’était que rarement dans des proportions exagérées : il ne fallait point être obèse, mais la maigreur n’était pas plus encensée.

Du XIXe siècle et la première révolution de la maigreur… jusqu’à aujourd’hui

Ces formes équilibrées ont perduré jusqu’à la révolution industrielle, à partir de laquelle les canons de beauté se sont amincis progressivement jusqu’à la Belle Époque, période de richesse sans précédent, où la maigreur a connu sa première heure de gloire avec la mode des corsets ultra-serrés marquant les tailles à l’excès. A cette époque, les femmes cherchaient à maigrir à tout prix, mais n’avaient pas encore nécessairement la préoccupation de manger différemment ou de faire du sport : on maigrissait en serrant un peu plus les lacets du corset. Une autre époque !

Heureusement pour les femmes, la première guerre mondiale a mis un terme à cette pénitence, et les rondeurs ont connu leur premier retour en force après la guerre, après des années de privation et de crises. Avec une taille marquée et des formes féminines, Marilyn Monroe s’habillait en taille 42, la taille moyenne des françaises d’aujourd’hui (eh oui, vous n’avez pas à rougir 😉 )

Depuis le 1900, on observe une évolution de l'idéal féminin, entre une femme de corpulence moyenne (ici, Marilyn Monroe) et un idéal de maigreur inatteignable.

Depuis le 1900, on observe une évolution de l’idéal féminin, entre une femme de corpulence moyenne (ici, Marilyn Monroe) et un idéal de maigreur inatteignable.

Mais cette amour retrouvé pour les formes naturelles n’aura pas duré, et dès les années 80, on observe que les mannequins voient leur poids fondre d’année en année (jusqu’à 1 kg par an en moyenne), jusqu’à présenter à l’aube des années 2000 20 kg d’écart avec la femme moyenne ! S’en est suivi une génération de jeunes un peu déboussolée, cherchant à maigrir dès l’adolescence. Parmi les femmes nées dans les années 80 à 90, une nouvelle mode consistant à faire un régime pour maigrir pendant la grossesse, se développe… une catastrophe !

Et aujourd’hui ?

Depuis la crise de 2008, la femme ronde revient en force, on lui consacre des émissions de télé, de nouveaux rayons en magasin et c’est tant mieux : toutes les femmes, rondes ou pas, méritent leur place dans la société, et toutes ont le droit de bien s’habiller ! Mais malgré ce relâchement de pression, l’idéal féminin de notre temps reste la femme mince, et en voyant l’évolution des chiffres de l’obésité, vous vous doutez qu’il y a peu de chances que cela change de si tôt !

Les codes de la société… mais pas que !

On vient de parler en détail de l’image de la femme idéale au fil de l’histoire, qui explique en bonne partie pourquoi les femmes cherchent de nos jours à maigrir, mais il existe d’autres raisons bien plus évidentes, qui rythment la vie d’une femme : la puberté, puis les grossesses, et enfin la ménopause. Une femme va ainsi connaitre tout au long de sa vie en moyenne 4 périodes de quelques mois où son corps va se transformer de façon rapide et parfois spectaculaire.

Après chaque grossesse et pendant la ménopause, la prise de poids est pratiquement inévitable, et l’envie de conjurer cette perte de contrôle pousse beaucoup de femme vers les régimes, développant leur envie de maigrir tout au long de leur vie.

Auteur: bodyadmin

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