Pourquoi faut-il éviter le sport pendant les pics de pollution ?

Difficile de passer à côté : il suffit d’allumer la télé, la radio, de regarder son fil Facebook ou même simplement lever la tête et tenter de percer ce brouillard : un smog de particules fines surplombe une bonne partie de la France. Et ce n’est pas sans conséquence sur la pratique de sport.

Bien comprendre l’épisode de pollution

On ne va pas expliquer en détail le phénomène météorologique, mais on peut résumer ainsi : nous sommes actuellement dans une « bulle », sans vent ni pluie, dans laquelle tous les polluants s’accumulent. Parmi ces polluants, certains sont assez peu dangereux, car assez gros pour être arrêtés par nos lignes de défense.

Mais ce n’est pas le cas des particules fines, qui pénètrent au plus profond des alvéoles de nos poumons, et passent parfois même dans notre sang. Une fois respirées, toutes sortes de réactions inflammatoires, faciliter les crises d’asthme, révéler ou aggraver des affections respiratoires… bref, rien de réjouissant.

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Carte de pollution aux particules fines (PM2.5) en France le 18 décembre 2016 (maximum). Les zones orange sont exposée à 2x la moyenne annuelle recommandée (25µg/m3), les zones rouges à 3x ou plus. Cliquez pour découvrir la carte en temps réel.

Seuil de 60 µg/m3 dépassé pour les particules fines

A l’heure où nous rédigeons cet article, une grande moitié de la France, au Nord et à l’Est de la diagonale Marseille-Rouen, est exposé à des niveaux de pollution supérieure à 60 µg/m3 pour les particules fines. Cela correspond à 4 à 5 cigarettes par jour en termes de particules fines respirées. Au plus fort du pic, on était plus proche de la dizaine : vous comprenez l’ampleur du problème.

Qu’est-ce que je risque si je vais courir pendant un pic de pollution ?

Vous vous sentez jeune, en pleine forme et invincible : ce n’est pas parce qu’il y a un peu plus de pollution que d’habitude que ça va changer grand-chose. A court terme, vous n’avez au fond pas tellement tort que ça : si vous n’avez pas d’affection respiratoire, le risque est faible. Mais c’est à long terme que l’impact se mesurera, car les particules fines sont difficiles à éliminer pour le corps.

Une histoire de poumons… et un peu de maths

Avant de courir pendant un pic de pollution, demandez-vous si vous iriez courir la clope au bec ?

Avant de courir pendant un pic de pollution, demandez-vous si vous iriez courir la clope au bec ?

Au repos, vos poumons échangent environs 6 litres par minute avec l’air ambiant. Ces échanges sont de 4,2 L/mn au niveau des alvéoles. Cela représente à la fin de la journée environ 6000 L d’air pollué au contact de ces dernières après une journée à ne rien faire : c’est déjà pas mal.

Lors d’un exercice modéré (par exemple, se déplacer à vélo), cette ventilation pulmonaire explose rapidement à 90 L/mn, dont 86L au niveau des alvéoles. En exercice maximal, ce chiffre peut encore doubler. Autrement dit, 30 à 60 minutes de sport suffisent à doubler votre exposition aux polluants.

Y-a-t’il des heures préférable aux autres ?

On le sait peu, mais la moitié de la pollution émise vient des cheminées, que beaucoup de citadins allument uniquement en appoint le soir. Ajouté aux embouteillages de la journée, le pic de pollution se situe entre 19 et 23 heures, et retombe pendant la nuit.

Bref, si vous avez besoin de vous entraîner à tout prix, mieux vaut vous lever tôt : entre 5 et 7 heures du matin, la pollution peut être 20 à 50% plus faible que lors du pic de soirée.

Si vous voulez en savoir plus, un peu de biblio :

http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1352231010003225
https://en.wikipedia.org/wiki/Ventilation_(physiology)
http://www.slate.fr/lien/54863/chine-pollution-paquet-cigarettes

Et vous, quelle est votre attitude vis-à-vis du sport lors des épisodes de pollution ? 

 

Auteur: bodyadmin

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