Viande rouge cancérigène : scandale ou faits exagérés ?

Le récent rapport du CIRC (Centre International de Recherche contre le Cancer, dépendant de l’OMS) a déclenché un vague de réaction d’une rare intensité sur le web et dans les médias… Le sujet de la bombe médiatique : le classement de la viande rouge comme cancérogène…

Cancérogène ? Cancérigène ? Le débat sémantique entre les deux revient régulièrement, et en ce moment on y a encore droit. Dans le sens commun, les deux sont parfaitement synonymes. Mais il est possible de nuancer dans certains cas cancérogène comme favorisant l’apparition d’un cancer, et cancérigène comme favorisant son développement. Voilà, c’est dit.

Des viandes rouges à éviter, des charcuteries à bannir… rien que ça ?

steak de viande rouge : cancérigène ou pas ?

Pourra-t-on encore dire « un bon gros steak » ?

Le rapport du CIRC n’est vraiment pas tendre avec les viandes rouges, qui comprennent bien entendu le bœuf, le veau et le cheval, mais aussi l’agneau et le mouton, le porc et la chèvre  (qui reste la viande rouge la plus consommée au monde, après le porc !)

Selon ce dernier, les viandes non transformées seraient classées comme « potentiellement cancérogènes », tandis que les produits transformés (charcuterie, corned-beef…) sont désignés comme « cancérogènes » tout court.

Un risque à relativiser… mais quand-même prendre au sérieux.

Les propos du docteur Christopher Wild du CIRC résument bien ce qu’il en est vraiment :

« Ces résultats confirment les recommandations de santé publique actuelles appelant à limiter la consommation de viandeDans le même temps, la viande rouge a une valeur nutritive. Par conséquent, ces résultats sont importants pour permettre aux gouvernements comme aux organismes de réglementation internationaux de mener des évaluations du risque, et de trouver un équilibre entre les risques et les avantages de la consommation de viande rouge et de viande transformée, ainsi que de formuler les meilleures recommandations alimentaires possibles. »

Pour reformuler : oui, l’excès de viande rouge (et plus encore pour la charcuterie) est mauvais pour la santé et semble favoriser l’apparition de cancer, mais leurs apports nutritifs n’en demeurent pas moins intéressants dans le cadre d’une alimentation variée.

Il est donc déconseillé de s’enfiler une côte de bœuf tous les repas, mais une consommation régulière et modérée (inférieure à 50 grammes par jour en moyenne, soit 2 à 3 rations par semaine maximum) n’a pas d’effet démontré selon le CIRC.

Est-il possible de se passer de viandes rouges ?

Il n'y a pas de solution miracle, mais la meilleure reste de varier les sources de protéines et micro-nutriments

Il n’y a pas de solution miracle, mais la meilleure reste de varier les sources de protéines et micro-nutriments (végétale/animale, terrestre/marine…)

Certains d’entre vous se sont sans doute posés la question, et bien que le rapport du CIRC ne préconise pas le bannissement complet de la viande rouge, on peut tout de même s’y pencher. D’une manière générale, les abats (en particulier le foie et le boudin noir) concentrent les micro-nutriments que l’on trouve dans la viande en plus grande quantité, leur consommation occasionnelle permet donc de parer à la plupart des risques de carences.

Si l’on exclut également les abats, il reste heureusement des alternatives :

  • La viande rouge est en premier lieu un aliment riche en protéines. Sur ce point, la viande de poulet, le poisson, les œufs, les produits laitiers et l’association légume sec + céréales permettent de se passer de viande rouge sans problème.
  • La viande rouge est une source importante de fer héminique, de zinc et de sélénium. On peut parer à l’absence de viande rouge en alternant volailles (canard en tête), fruits de mer et poissons gras.
  • Enfin, la viande rouge est notre première source de vitamine B12. Cette vitamine essentielle se trouve également en quantité chez les poissons gras, les fruits de mer et les œufs. Aucun végétal en revanche n’en contient : les végétaliens doivent en prendre sous forme de compléments.

Attention à ne pas tomber dans d’autres travers : L’excès de fruits de mer, par exemple, peut être toxique pour le cerveau et les reins (acide domoïque) et provoquer des calculs. Les poissons gras sont de leur côté connus pour leur tendance à accumuler toxines et métaux lourds, et ainsi de suite… Vous l’aurez compris : tout est potentiellement poison, donc le mieux reste d’éliminer aussi peu d’aliments que possible, pour assurer plus de variété, et donc moins de risque pour la santé.

 

Pour voir le rapport du CIRC (IARC en Anglais), suivez ce lien : http://www.iarc.fr/en/media-centre/pr/2015/pdfs/pr240_E.pdf

Pour approfondir le sujet, vous trouverez sur le site de l’institut national du cancer (INCa), un rapport de 2015 qui fait le point sur données actuelles :

http://www.e-cancer.fr/Expertises-et-publications/Catalogue-des-publications/Nutrition-et-prevention-primaire-des-cancers-actualisation-des-donnees

Auteur: bodyadmin

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